Le potimarron est le roi de l’hiver. Doux, sucré, enveloppant. Quand les températures chutent, il devient l’allié incontournable des cuisines françaises. Mais entre un velouté fade et un velouté d’exception, la différence tient souvent à quelques gestes précis. Philippe Etchebest, chef doublement étoilé et figure emblématique de « Cauchemar en cuisine », partage sa recette de velouté de potimarron sur Instagram et dans son Programme Mentor. Garder la peau, utiliser du pain rassis pour les croûtons, ajouter du beurre au mixage… Chaque détail compte. Voici la recette complète, décortiquée étape par étape.
Le potimarron : un légume de saison aux bienfaits insoupçonnés

Avant de cuisiner, il faut comprendre ce que l’on cuisine. Le potimarron n’est pas une courge ordinaire. Sa saveur rappelle la châtaigne. Sa chair est dense, fondante et naturellement sucrée. Et ses qualités nutritionnelles sont remarquables.
Selon Passeport Santé, le potimarron affiche seulement 38 kilocalories pour 100 grammes. C’est l’un des légumes les plus légers de la saison hivernale. Pourtant, sa densité nutritionnelle est impressionnante. Il est riche en bêtacarotène, un puissant antioxydant que l’organisme transforme en vitamine A. Cette vitamine protège la vision, nourrit la peau et soutient le système immunitaire. En plein mois de février, c’est exactement ce dont le corps a besoin.
Le potimarron est aussi une source naturelle de fibres alimentaires. Environ 2,5 grammes pour 100 grammes. Assez pour favoriser une bonne digestion et prolonger la sensation de satiété. Il contient également de la vitamine C, du potassium et du magnésium. Un légume de saison complet, gourmand et thérapeutique à la fois.
Sa saison s’étend de septembre à mars. En février, on se trouve en fin de disponibilité. C’est donc le moment idéal pour en profiter avant qu’il ne disparaisse des étals jusqu’à l’automne prochain.
La recette du velouté de potimarron de Philippe Etchebest
Les ingrédients pour 4 personnes
| Ingrédient | Quantité | Rôle dans la recette |
|---|---|---|
| Potimarron (avec la peau) | 700 g | Base du velouté, saveur châtaigne |
| Oignon | 1 | Fond aromatique doux |
| Gousses d’ail | 2 | Profondeur de goût |
| Fond blanc de volaille ou bouillon de légumes | 50 cl | Liquide de cuisson parfumé |
| Crème liquide entière | 50 cl | Onctuosité et rondeur |
| Beurre | 60 g | Texture soyeuse au mixage |
| Huile d’olive | 1 cuillère à soupe | Cuisson et saveur |
| Piment d’Espelette | Quelques pincées | Chaleur douce et parfumée |
| Pain rassis | Quelques tranches | Croûtons aillés anti-gaspi |
| Sel, poivre | À convenance | Assaisonnement |
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 30 minutes
Difficulté : Facile
Les étapes détaillées
-
Préparer le potimarron.
Lavez soigneusement le potimarron sous l’eau courante. Coupez-le en deux. Philippe Etchebest prévient : « Attention, soyez vigilant avec des grosses pièces comme ça. » Plantez la pointe du couteau au milieu et utilisez un mouvement de levier pour séparer les deux moitiés. Retirez les graines à la cuillère. Ne pelez pas la peau. C’est l’une des astuces majeures du chef. Coupez ensuite la chair en cubes assez gros.
-
Faire suer l’oignon.
Épluchez et émincez l’oignon. Dans une grande marmite ou une cocotte, faites chauffer le beurre avec un filet d’huile d’olive à feu vif. Ajoutez l’oignon émincé et laissez-le fondre pendant quelques minutes. Il doit devenir translucide, mais surtout pas coloré. La nuance est importante : un oignon doré apporterait une amertume indésirable.
-
Ajouter le potimarron et assaisonner.
Avant que les oignons ne commencent à brunir, versez les cubes de potimarron dans la marmite. Assaisonnez immédiatement avec du sel, du poivre et quelques pincées de piment d’Espelette. Mélangez bien pour que chaque morceau soit enrobé de matière grasse et d’épices. Ce contact direct avec le beurre chaud lance la caramélisation des sucres naturels du potimarron.

-
Mouiller et laisser mijoter.
Couvrez les légumes avec le fond blanc de volaille ou le bouillon de légumes. Si vous n’en avez pas, de l’eau fera l’affaire, mais le goût sera moins profond. Portez à frémissement, puis réduisez le feu. Laissez cuire trente minutes à feu doux, à couvert. Le potimarron est prêt quand un couteau le transperce sans aucune résistance.
-
Préparer les croûtons aillés.
Pendant la cuisson, découpez quelques tranches de pain rassis en petits cubes. Faites chauffer un filet d’huile d’olive dans une poêle. Ajoutez les cubes de pain et faites-les sauter à feu moyen jusqu’à ce qu’ils soient dorés et croustillants. Écrasez deux gousses d’ail et ajoutez-les dans la poêle. Mélangez rapidement pour que l’ail parfume les croûtons sans brûler. Réservez sur du papier absorbant.

-
Mixer le velouté avec le beurre et la crème.
C’est ici que la magie opère. Plongez le mixeur directement dans la marmite. Commencez à mixer. Pendant le mixage, ajoutez progressivement des noisettes de beurre. Philippe Etchebest explique que le beurre « fait monter le velouté » et lui donne de la matière. Puis versez la crème liquide pour « adoucir et lisser la texture ». Continuez de mixer jusqu’à obtenir une consistance parfaitement homogène et soyeuse.

L’astuce de Philippe Etchebest : ajouter le beurre au moment du mixage pour créer une émulsion soyeuse et un velouté ultra-onctueux. -
Dresser et servir.
Versez le velouté brûlant dans des bols ou des assiettes creuses. Déposez une poignée de croûtons aillés au centre. Le contraste entre le velouté chaud et onctueux et les croûtons croustillants crée une explosion de textures en bouche. Servez immédiatement.

Les trois astuces de Philippe Etchebest décryptées
Garder la peau du potimarron : pourquoi c’est essentiel
C’est le geste qui surprend le plus. La plupart des recettes demandent d’éplucher le potimarron. Philippe Etchebest fait exactement l’inverse. « Moi je garde la peau, elle cuit bien, elle a du goût, donc autant la garder ! » La peau du potimarron, contrairement à celle de la plupart des courges, est fine et comestible. À la cuisson, elle se ramollit complètement et se fond dans la chair.
Mais il y a un bénéfice que le chef ne mentionne pas et qui mérite d’être souligné. La peau concentre une grande partie des fibres, des vitamines et des antioxydants du légume. En la retirant, on se prive de nutriments précieux. En la gardant, on obtient un velouté plus riche en saveur, plus épais naturellement et nutritionnellement plus complet. C’est aussi un gain de temps considérable : éplucher un potimarron est fastidieux et même risqué à cause de sa dureté.
Le beurre ajouté au mixage : la technique qui change tout
Pourquoi ajouter du beurre au moment de mixer, et non pendant la cuisson ? La réponse est technique. Le beurre incorporé à froid dans un liquide chaud crée une émulsion. Les matières grasses s’incorporent aux molécules d’eau du velouté et forment une texture soyeuse, presque satinée. C’est le même principe que le beurre monté des sauces de restaurant.
Si le beurre avait été ajouté en début de cuisson, il aurait fondu, se serait dissocié et aurait formé une couche grasse en surface. En l’ajoutant au mixeur, Philippe Etchebest crée une liaison naturelle qui donne au velouté une onctuosité incomparable. La crème liquide, ajoutée juste après, vient lisser et adoucir l’ensemble. C’est ce duo beurre-crème, au bon moment, qui distingue un velouté de chef d’un velouté maison ordinaire.
Les croûtons au pain rassis : l’anti-gaspi gourmand
Philippe Etchebest ne jette rien. Son choix d’utiliser du pain rassis pour les croûtons n’est pas anodin. Le pain sec absorbe moins d’huile à la cuisson que le pain frais. Il croustille mieux. Il tient plus longtemps dans le bol sans ramollir. Et surtout, il valorise un produit que la plupart des gens mettent à la poubelle.
L’ail écrasé, ajouté en fin de cuisson des croûtons, parfume le pain sans le brûler. Le résultat est gourmand, croquant et parfumé. Ce sont ces petits gestes, simples et accessibles, qui révèlent la philosophie d’un grand chef : rien ne se perd, tout se transforme.
Variantes et adaptations de la recette
Philippe Etchebest le dit lui-même : « Ça marche avec tous les légumes de saison. » Cette recette est un cadre, pas une contrainte. Voici comment l’adapter selon vos envies ou vos contraintes alimentaires.
- Avec du butternut : remplacez le potimarron par la même quantité de courge butternut. La saveur sera plus douce, légèrement beurrée. Épluchez la peau, plus épaisse que celle du potimarron.
- Version gastronomique au parmesan : dans une autre version de cette recette, Philippe Etchebest remplace la crème liquide par une chantilly salée au parmesan. Montez 15 cl de crème bien froide en chantilly ferme, incorporez 30 g de parmesan râpé, salez et poivrez. Déposez une quenelle sur le velouté au moment de servir. Ajoutez des brisures de châtaigne et un trait de vinaigre balsamique.
- Version végane : remplacez le beurre par de l’huile de coco vierge et la crème liquide par de la crème de coco. Utilisez un bouillon de légumes à la place du fond de volaille. Le piment d’Espelette reste inchangé.
- Version épicée au gingembre : ajoutez un morceau de gingembre frais râpé (environ 2 cm) en même temps que le potimarron. Le gingembre apporte une note piquante qui réveille le côté sucré du légume. Parfait pour les amateurs de saveurs asiatiques.
Comment choisir un bon potimarron
Le potimarron idéal pèse entre 800 grammes et 1,5 kilo. Il doit être ferme, lourd en main et sans taches molles. Sa peau doit être lisse, d’un orange vif et uniforme. Tapotez-le doucement : un son creux indique une chair bien développée à l’intérieur.
Le pédoncule, la petite tige sur le dessus, est un excellent indicateur de maturité. S’il est sec et ligneux, le potimarron est mûr et prêt à être cuisiné. S’il est encore vert ou souple, le légume a été récolté trop tôt. Il manquera de sucre et de saveur.
En février, la saison du potimarron touche à sa fin. Selon Manger Bouger, il fait encore partie des légumes de saison disponibles ce mois-ci, mais les stocks s’amenuisent. Achetez-le en circuit court, chez un maraîcher ou sur un marché local, pour bénéficier d’un produit fraîchement récolté et stocké dans de bonnes conditions.
FAQ — Velouté de potimarron de Philippe Etchebest
Faut-il vraiment garder la peau du potimarron ?
Oui, c’est l’une des astuces clés de Philippe Etchebest. La peau du potimarron est fine et comestible. Elle se ramollit parfaitement à la cuisson et se fond dans le velouté après mixage. Elle concentre aussi des fibres et des nutriments précieux.
Peut-on préparer ce velouté à l’avance ?
Absolument. Le velouté se conserve trois jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique. Réchauffez-le à feu doux en remuant. Préparez les croûtons aillés uniquement au moment de servir pour préserver leur croquant.
Par quoi remplacer le fond blanc de volaille ?
Un bouillon de légumes maison fonctionne très bien. Même de l’eau convient si vous n’avez rien d’autre. Le goût sera simplement moins profond. Évitez les bouillons cubes industriels trop salés qui masquent la saveur naturelle du potimarron.
Ce velouté convient-il aux enfants ?
Parfaitement. Le potimarron possède un goût naturellement doux et sucré que les enfants adorent. Supprimez simplement le piment d’Espelette pour les plus jeunes et réduisez la quantité de poivre. Les croûtons croustillants sont souvent leur partie préférée.
Peut-on congeler le velouté de potimarron ?
Oui, sans problème. Versez le velouté refroidi dans des contenants adaptés au congélateur. Il se conserve jusqu’à trois mois. Décongelez-le au réfrigérateur la veille, puis réchauffez à la casserole en ajoutant un filet de crème pour retrouver l’onctuosité.
Quelle est la différence entre potimarron et butternut ?
Le potimarron a une saveur de châtaigne et une peau comestible fine. Le butternut est plus doux, plus beurré, avec une peau épaisse qu’il faut éplucher. Les deux fonctionnent dans cette recette, mais le potimarron apporte davantage de caractère et de profondeur aromatique.
